Culture, Faire plaisir

Théâtre – Madame Zola… Mais qui était-elle ?

Qui n’a pas lu au moins une des œuvres de ce prolifique et célèbre auteur qu’est Emile Zola ?

Mais que sait-on de son épouse à ses côtés pendant plus de 38 ans ?

La biographie d’Evelyne Bloch-Dano nous éclaire faisant pénétrer dans l’intimité de Madame Zola qui fut un personnage loin d’être sans consistance et qui contribua à l’ascension de son mari.

Dans un décor d’une grande sobriété (une chauffeuse – une table avec un téléphone et une chaise – un large rideau crème couvrant le mur fond de scène) arrive Madame Zola (Catherine Arditi) vêtue de noir. Emile Zola vient de prendre place au Panthéon (d’après décision de Jaurès) : ce qui lui fait dire qu’elle l’enterre pour la deuxième fois et que dorénavant il appartiendra à tout le monde ! Le ton est donné et laisse supposer qu’elle ne va pas utiliser « la langue de bois ».

Avec franchise et humour elle va se poser elle-même la question « Zola aurait-il été célèbre sans moi ? »

Tout au long de cette pièce nous allons suivre le cheminement de sa vie maritale. Les monologues – dans lesquels elle nous raconte sa vie, ses déboires,-  la maîtresse de Zola et les deux enfants qu’elle a élevés comme les siens, – l’affaire Dreyfus, et tant d’autres événements – alternent avec les visites d’un certain Monsieur Fleury, – pharmacien de son état – qui tente de soigner son asthme avec des potions particulièrement étranges, – lui servant également de conseiller (ce que l’on appellera bien des années après un psy), mais à qui réciproquement elle prodigue aussi certains conseils.

D’ententes en mésententes, ce duo finira par un lien amical.

A noter, tout de même, certaines scènes amusantes, comme celle où  Madame Zola, dans une diction parfaite, lit des passages d’une des œuvres de son mari « Le ventre de Paris » à son chien Fanfan caché dans les coulisses.On découvre également une femme qui n’hésitait pas à s’investir et à donner son avis dans la mise en scène et le choix d’une comédienne, comme dans la pièce « Thérèse Raquin ».

Catherine Arditi est tout simplement sublime en Madame Zola et donne corps au personnage, prenant en aparté l’assistance comme confident, l’associant étroitement aux souvenirs qu’elle évoque avec humour, sensibilité et finesse. Pierre Forest, campe avec bonhomie et intelligence ce personnage bon enfant, jovial, qui se laisse dominer parfois mais qui sait également redresser la barre de temps en temps.

La mise en scène d’Anouche Setbon met en valeur le talent de ces deux comédiens, attire et interpelle l’attention du public sur ce texte riche et admirablement écrit.

La musique de Michel Winogradoff colle parfaitement à l’atmosphère de la pièce.

Au théâtre nous pouvons être déçus ou satisfaits. Avec « Madame Zola » le spectateur est certain de repartir sous le charme.

Auteur : Annick le Goff – Mise en scène : Anouche Setbon assistée de Sophie Gubri – Décor : Oria Puppo –  Costumes : Juliette Chanaud – Lumières : Laurent Béal – Musique : Michel Winogradoff – Avec : Catherine Arditi et Pierre Forest

Yolande Valentin

Crédit photos : J. Stey

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