Culture, Faire plaisir

Spectacle – LE NOUVEAU PARADIS D’IRIS MITTENAERE

Le plus célèbre et ancien cabaret parisien « Le Paradis Latin » qui a ouvert ses portes en 1803 grâce à Napoléon Bonaparte et qui fut reconstruit en 1889 par Gustave Eiffel, fait peau neuve et crée l’événement avec son nouveau spectacle « L’oiseau de paradis », produit par Walter Butler.

Kamel Ouali, chorégraphe et metteur en scène de renom, surprend. Il fait souffler un vent nouveau en modernisant radicalement les codes de la revue, mais pas son esprit. Quant à la meneuse de revue, son choix s’est porté sur Iris Mittenaere, Miss France et Miss Univers 2016. Un pari audacieux, mais réussi.  La « Gabrielle » rose (NDLR costume volumineux en forme de rosace faite de plumes) lui va comme un gant.  Elle le dit elle-même : « Mon rêve d’enfant se réalise (…) Jamais je n’aurais imaginé travailler un jour avec Kamel Ouali. Il ne faut jamais cesser de croire en ses rêves ». ». Une nouvelle vie que la reine de beauté a déjà pu tester sur la scène des Folies Bergères, en intégrant pour quelques représentations la troupe de « Fashion Freak Show », le spectacle de Jean Paul Gaultier. Cette fois-ci, le défi est double. Outre d’incarner comme Kamel Ouali l’expliquait au Parisien « le glamour parisien et d’être une muse capable de propulser l’univers du cabaret dans le XXIème siècle », de porter à la perfection robes sexy et tenues légères et de danser, l’ex-animatrice télé, influenceuse et égérie de grandes marques, pousse aussi la note malgré les décibels qui la recouvrent et joue la comédie. Son plaisir est là. Elle le partage. C’est un fait : l’habit d’artiste lui est taillé sur mesure.

Mais pour que cette nouvelle aventure prenne son envol, c’est toute une artillerie de corps de métiers qui s’active pleinement chaque soir depuis le 2 mai. 30 artistes complices de nationalités différentes mêlant danseurs, comédiens et attractions internationales, 18 tableaux dont les décors sont signés du créateur Alain Lagarde, 40 couturières pour 500 costumes pensés, bâtis, piqués, brodés et assemblés par la maison de Haute Couture Parisienne « On aura tout vu ».

Résultat ? Un dîner animé par une chanteuse, un violoniste, la brigade de la salle et des comédiens de talent pour une agréable mise en bouche avant que le rideau ne se lève sur deux heures de show. Y sont présentés des tableaux futuristes dont certains renvoient aux spectacles « Ohlala sexy crazy artistic» et « The Fashion Freak Show » ainsi qu’au Crazy Horse, avec toujours en trame de fond, l’esprit du cabaret. Même si les critères de sélection cassent eux aussi les codes (tailles, morphologies et tatouages des danseurs), tous les ingrédients sont bien là. Rien n’a été négligé : plumes, strass, paillettes, somptueux costumes, magnifiques décors (dont celui de la mer, de la cage en verre, des boules géantes aériennes, du duo de ruban dans une baignoire, du cheval Pégasse…), habillages de lumière, effets visuels, beaucoup de sensualité, de grâce et de glamour, traditionnel cancan modernisé. Cerise sur le gâteau, l’audace, de la créativité, du chant en live (dont les performances vocales de Cyril Cinélu, gagnant de la Star Academy 8) et du burlesque avec, notamment, Léa Crevon, en directrice de revue.

Bref, entre scène, plafond et salle, les yeux ne savent plus où se poser dans cette féérie colorée sublimant avec impertinence la féminité dans laquelle Iris mène la danse.

L’oiseau a bien trouvé son paradis.

Daphné Victor

Visuels : Alix Malka

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