Culture, Faire plaisir

Spectacle – MARIE-THERESE PORCHET EST DE RETOUR !

Vingt années se sont écoulées. La bourgeoise romande à la voix haut perchée revient. Et sa répartie avec elle. Loin d’être assagie, Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet, en a toujours après tout le monde. Alors, pour cet anniversaire come-back sur la scène parisienne, rien de mieux pour la célèbre suissesse quelque peu acariâtre que de reprendre les sketches et les répliques incises de son premier spectacle « La truie est en moi », qui ont fait son succès, même si plein de choses se sont passées entre temps.

Christian-Christophe, son fils unique vient de terminer son armée.

En bonne maman, elle souhaite pour lui le meilleur. « Tu as fait ton collège, tu as fait ton armée, maintenant tu fais ta banque ! » Mais Marie-Thérèse est inquiète. Quelque chose en lui a changé. Elle ne le reconnait pas. Et pour cause. Choupette a une photo d’un homme nu dans son portefeuille. « Ce fils que j’ai élevé à la force du poignet (…). Je veux des petits-enfants, pas de gros ennuis ! » Honteuse que son fils soit devenu « flottant de la jaquette« , Marie-Thérèse se lâche et ne fait pas dans la dentelle. Entre son amie Jacqueline, sa voisine La Lopez du cinquième, Gilbert le pianiste de la chorale qui se mélange les pédales, ses boites tupperware et son Choupette de fils, la catholique devient diabolique. Les répliques fusent, la répartie pique. Vingt ans après, Marie-Thérèse est toujours la même.  Tailleur classique, brushing parfait, elle est restée fidèle à ce qu’elle est : une mère aimante et protectrice qui n’a pas la langue dans sa poche. Nous, on aime et on en redemande.

Joseph Gorgoni dans « Marie-Thérèse Porchet », un seul en scène écrit par Joseph Gorgoni et Pierre Naftule. Digne héritier de Jacqueline Maillant, Joseph Gorgoni est un perforer qui a tous les talents. L’artiste transformiste fait le show et ça swingue. Il monte et tient la note à la perfection, danse, fait des claquettes et plus que tout, émeut autant qu’il fait rire. Derrière son humour incisif, un manifeste contre l’homophobie, un plaidoyer pour l’acceptation de l’autre, un message prônant la tolérance. In fine, « l’amour est Roi ».

Daphné Victor

Visuels : Pascal Bernheim

 

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