Culture

Théâtre – COMME EN 14

Qui étaient les « Anges blancs » ?

En 14/18, les femmes remplacèrent, dans diverses tâches, les hommes partis à la guerre. Celles qui étaient infirmières, ou qui ne l’étaient pas et le devinrent, allèrent soigner les malades, accueillir les blessés : on les appelait les « Anges blancs ».

Cette pièce est un bel hommage à leur courage et leur dévouement.

Décor clair et simple : une table au centre, quelques chaises entourées d’un banc, deux petits placards de chaque côté, un poêle, une fenêtre, un rideau tout au fond qui cache les dortoirs. Nous sommes dans la salle des infirmières  à la veille de Noël.

L’auteure, Dany Laurent, ainsi que le metteur en scène Yves Pignot, sans voyeurisme ni apitoiement, mais avec réalisme, nous plongent dans l’univers quotidien de cinq personnages durant la guerre :

Marguerite, la cinquantaine, infirmière responsable de cet hôpital de fortune pas loin du front, mène son petit monde avec fermeté « Il ne faut compter que sur nous-mêmes ». Mais sait se montrer sensible « Je ne m’habitue pas à la mort ». Réaliste quand éclatent des coups de canon « Il va y avoir de l’arrivage ». Excellente, Marie Vincent (Molière de la révélation théâtrale en 2004)  donne toute sa profondeur au personnage et une bonne dose d’humour.

Suzy, la trentaine, ancienne couturière, infirmière, déteste la guerre, clame haut et fort son pacifisme (ce qui est dangereux en pleine guerre) distribue en secret, la nuit, des tracts, n’hésite pas à chanter une chanson de son grand-père anarchiste. Ariane Brousse, incarne là magistralement ce style de femme à forte personnalité qui n’a peur de rien.

Louise, bénévole, la vingtaine, jeune fille issue de la grande bourgeoisie, plutôt fragile, extrêmement sensible (qui, aux coups de canon se  jette au sol), son fiancé est au front  et elle espère le revoir très bientôt. Katia Miran, belle, gracieuse, porte à merveille toute la fragilité et la candeur de son personnage.

Adrienne, une comtesse, très guindée, qui a perdu son mari à la guerre est angoissée car l’un de ses fils blessé doit subir une grave opération. Généreuse malgré tout, elle propose timidement ses services (Marguerite lui fera enrouler des bandes). Etonnante, en endossant ce rôle, Virginie Lemoine, toute de noir vêtue, pâle, prouve qu’elle peut être à l’aise tant dans la dramaturgie que dans l’humour.

C’est le Jour de Noël.  Enfin la joie est le seul maître à bord !

Rappelons que cette pièce écrite en 2003, a reçu trois Molières en 2004. On pourrait la comparer à une sorte de Kaléidoscope dans lequel fourmille une multitude de sentiments, de sensations : amour, courage, peur, abnégation, émotion, humour, tendresse, joies, solidarité, altruisme. Ne pas se fier au titre…car en fait, cette pièce n’est absolument pas triste !

Pièce de  Dany Laurent

Avec : Marie Vincent – Virginie Lemoine – Ariane Brousse – Katia Miran – Axel Huet –  Lumière : Jacques Rouveyrollis assisté de Jessica Duclos

Costumes : Pascale Bordet – Son : François Peyrony

Mise en scène d’Yves Pignot assisté de Sonia Sariel

Yolande Valentin

Crédit photos : Lot

 

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